Il est difficile d'écrire ou de parler de Grégory Lemarchal. De l'ami Greg. J'étais très proche de lui. J'allais à sa maison. Il me préparait toujours mon repas ! Un bon steak, comme il me disait. « Eh, Batman, viens prendre des forces ! » Un vrai champion hors catégorie, ce Grégory ! Toujours soucieux des autres. Une voix d'or qui chantait la vie et qui nous avait dit avec son sourire angélique lors de sa dernière venue en Belgique : « Je ne chante pas pour faire pleurer dans les chaumières. Ce n'est pas mon genre. C'est ma façon à moi de vous dire que tout est possible. Vous savez, depuis le début de mon existence, je me bats contre cette maladie. Ce n'est pas pour perdre le combat. Bien au contraire. Je gagnerai cette bataille. Tôt ou tard... » La preuve, après quatre mois de travail acharné, Grégory remportait la Star Academy 4 comme une belle revanche sur une fatalité qu'il voulait conjurer. Et avec cette victoire, le Petit Prince nous prouvait qu'un rêve n'était jamais inaccessible.
Depuis le 30 avril, cette étoile filante brille auprès d'autres amis, là-haut. D'autres enfants, à qui il a annoncé la bonne nouvelle dans la bagarre contre cette satanée affection : « Eh, les amis ! Nous avons récolté 7,5 millions d'euros pour combattre cette lâche mucoviscidose. Je vous l'avais dit, je la combattrai toujours. » Là-bas, Greg fait à nouveau la démonstration que des faiblesses peuvent faire une force. Face à la maladie, Grégory a toujours ironisé. La défier plutôt que se plaindre ! Espérer plutôt qu'abdiquer. Grégory Lemarchal connaissait ses limites. Il les a sublimées, concert après concert, donnant ou rendant espoir à des milliers d'enfants eux aussi frappés par la muco. C'est sans doute pour cela qu'il est devenu un exemple de courage et de dignité. Des qualités que son papa, Pierre, cultive avec la même discrétion, la même distinction.— Pierre Lemarchal, les artistes continuent à rendre hommage à votre Petit Prince à la voix d'or...
— Oui, c'est vrai. Vous savez, ça ne m'étonne pas trop, finalement. Grégory a toujours eu, depuis le début, de très, très bons contacts avec les autres artistes. Et, paradoxalement, il s'agit plus souvent d'artistes confirmés et expérimentés, comme Marc Lavoine et Patrick Bruel. Chaque soir au cours de leurs tournées, ils rendent hommage à mon fils. Juste avant d'interpréter « Casser la voix », Bruel n'hésite pas à dire au public que ce duo avec Grégory fut l'un de ses meilleurs moments de télévision, que face à mon fils, c'était un réel plaisir de chanter, qu'il était un vrai chanteur. Serge Lama, Liane Foly, Hélène Ségara, Lara Fabian ont dit la même chose. Grégory avait ce petit quelque chose qui fait que ces artistes avaient cerné son personnage et étaient tombés sous le charme, comme beaucoup d'autres, d'ailleurs. Tout à fait discrètement et humblement, il avait su créer une famille autour de lui. Des gens qui, aujourd'hui, sont dévastés par son décès. Christophe Willem Chimène Badi, Nolwenn Leroy ont également été très touchés. Emmanuel Moire aussi, qui veut vraiment faire quelque chose pour Grégory dans sa tournée... Je pense qu'il avait vraiment réveillé les esprits par son talent.